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Oralité: définition et exemples

Oralité: définition et exemples

L'oralité est l'utilisation de la parole plutôt que de l'écriture comme moyen de communication, en particulier dans les communautés où les outils d'alphabétisation sont inconnus de la majorité de la population.

Des études interdisciplinaires modernes sur l'histoire et la nature de l'oralité ont été initiées par des théoriciens de «l'école de Toronto», parmi lesquels Harold Innis, Marshall McLuhan, Eric Havelock et Walter J. Ong.

Dans Oralité et Alphabétisation (Methuen, 1982), Walter J. Ong a identifié certaines des manières distinctives dont les personnes appartenant à une "culture orale primaire" se réfèrent à la définition ci-dessous pour penser et s'exprimer à travers un discours narratif:

  1. L'expression est coordonnée et polysyndétique ("... et ... et ... et ...") plutôt que subordonnée et hypotactique.
  2. L'expression est agrégatif (c’est-à-dire que les locuteurs utilisent des épithètes et des phrases parallèles et antithétiques) plutôt que analytique.
  3. L'expression a tendance à être redondante et copieuse.
  4. Par nécessité, la pensée est conceptualisée puis exprimée avec une référence relativement proche au monde humain; c'est-à-dire avec une préférence pour le concret plutôt que pour l'abstrait.
  5. L'expression est tonique (c'est-à-dire compétitive plutôt que coopérative).
  6. Enfin, dans les cultures à prédominance orale, les proverbes (également connus sous le nom de maximes) sont des moyens pratiques de véhiculer des croyances simples et des attitudes culturelles.

Étymologie

Du latin oralis, "bouche"

Exemples et observations

  • James A. Maxey
    Quelle est la relation de oralité à l'alphabétisation? Bien que contestées, toutes les parties s'accordent pour dire que l'oralité est le mode de communication prédominant dans le monde et que l'alphabétisation est un développement technologique relativement récent de l'histoire de l'humanité.
  • Pieter J.J. Botha
    Oralité comme condition existe en vertu de la communication qui ne dépend pas des processus et techniques des médias modernes. Il est formé négativement par le manque de technologie et positivement créé par des formes spécifiques d’éducation et d’activités culturelles… L’oralité fait référence à l’expérience des mots (et de la parole) dans l’habitat du son.

Sur l'oralité primaire et l'oralité secondaire

  • Walter J. Ong
    J'appelle l'oralité d'une culture totalement épargnée par la connaissance, l'écriture ou l'impression, 'oralité primaire' C'est «primaire» par opposition à «l'oralité secondaire» de la culture de haute technologie actuelle, dans laquelle une nouvelle oralité est entretenue par le téléphone, la radio, la télévision et d'autres appareils électroniques dont l'existence et le fonctionnement dépendent de l'écriture et de la impression. Aujourd'hui, la culture orale primaire au sens strict n'existe presque plus, chaque culture connaissant l'écriture et connaissant quelque peu ses effets. Néanmoins, à des degrés divers, de nombreuses cultures et sous-cultures, même dans une ambiance de haute technologie, préservent une grande partie de l'esprit de l'oralité primaire.

Ong sur les cultures orales

  • Walter J. Ong
    Les cultures orales produisent en effet des performances verbales puissantes et belles d'une grande valeur artistique et humaine, qui ne sont même plus possibles une fois que l'écriture a pris possession de la psyché. Néanmoins, sans écriture, la conscience humaine ne peut pas atteindre son plein potentiel ni produire d'autres créations belles et puissantes. Dans ce sens, oralité doit produire et est destiné à produire l'écriture. L’alphabétisation… est indispensable au développement non seulement de la science, mais aussi de l’histoire, de la philosophie, de la compréhension explicative de la littérature et de tout art, et même de l’explication du langage (y compris le discours oral). Il ne reste pratiquement plus dans le monde aujourd'hui une culture orale ou une culture à prédominance orale qui ne soit en quelque sorte consciente du vaste ensemble de pouvoirs inaccessibles à tout jamais sans savoir lire et écrire. Cette prise de conscience est une agonie pour les personnes enracinées dans l’oralité primaire, qui souhaitent passionnément savoir lire et écrire, mais qui savent aussi très bien que s’engager dans le monde passionnant de l’alphabétisation revient à laisser derrière eux beaucoup de choses passionnantes et profondément aimées du monde oral antérieur. Nous devons mourir pour continuer à vivre.

Oralité et écriture

  • Rosalind Thomas
    L’écriture n’est pas nécessairement l’image miroir et le destructeur de oralité, mais réagit ou interagit avec la communication orale de différentes manières. Parfois, la ligne de démarcation entre écrit et oral, même dans une seule activité, ne peut en réalité être très clairement tracée, comme dans le contrat athénien caractéristique qui implique des témoins et un document écrit souvent assez léger, ou la relation entre la représentation d'une pièce de théâtre et celle écrite et publiée texte.

Des clarifications

  • Joyce Irene Middleton
    De nombreuses erreurs de lecture, interprétations erronées et idées fausses au sujet de oralité La théorie est due, en partie, à l'utilisation plutôt glissante de termes apparemment interchangeables par Walter J. Ong, que des audiences très diverses de lecteurs interprètent de différentes manières. Par exemple, oralité n'est pas le contraire de l'alphabétisationEt pourtant, de nombreux débats sur l'oralité sont enracinés dans des valeurs d'opposition… De plus, l'alphabétisation n'a pas remplacé l'oralité: l'oralité est permanente - nous avons toujours et continuerons à toujours utiliser les arts de la parole humains dans nos diverses formes de communication, même Nous sommes maintenant témoins de changements dans nos utilisations personnelles et professionnelles des formes alphabétiques d'alphabétisation de différentes manières.

Prononciation: o-RAH-li-tee